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Et la transformation devient (presque) matière première

Vous avez remarqué ce vent qui commence à tourner? Non il n’est pas ici question de prévisions météorologiques. Je fais allusion à la réhabilitation des filières professionnelles et plus précisément celle des métiers d’art. Souvenez-vous de cette période en troisième, plus précisément au deuxième trimestre, où vous deviez indiquer vos vœux provisoires concernant l’orientation. La filière générale a longtemps tenu le haut du pavé et ceux qui choisissaient délibérément la voie technico-professionnelle étaient catalogués comme « pas doués pour les études ». Faire un CAP, quelle horreur ! On entendait dire avec cet air désapprobateur qu’être plombier, mécanicien ou coiffeur, ne pouvait pas être une vocation, encore moins une passion. Pourtant, ce qu’on oubliait de dire pendant le fameux entretien individuel d’orientation, c’est que ces formations vous menaient inévitablement à un métier, pas comme celles de la filière générale qui donnent plus de connaissances théoriques que pratiques.
Au vu du nombre croissant de jeunes déscolarisés, peu ou pas diplômés, les politiques ont enfin pris le temps de la réflexion. Cette dernière s’est muée en une initiative à la fois pédagogique et participative : les Journées des Métiers d’Art (JEMA). Elles ont été créées en 2002 à la demande du ministère de l’Artisanat et sont devenues européennes en 2012. Près de 8500 événements sont organisés en France (métropole et Outre-Mer) pendant trois jours*.
J’en ai seulement pris connaissance il y a un an, en me retrouvant par hasard devant l’entrée du musée des Arts Décoratifs à Paris. Cette année, pour la 10e édition, j’étais à l’affût et je me suis préparée un programme digne de ce nom. Légèrement influencée par le site internet, mon attention s’est arrêtée sur le viaduc des arts dans le 12e arrondissement de la Capitale. Ancien viaduc ferroviaire de la ligne Vincennes-Bastille, rénové dans les années 90, il abrite désormais une cinquantaine d’artisans.

(s’) investir dans la libre création

Pendant deux jours, je me suis délectée d’anecdotes, de mouvements, de démonstrations et de créations. La lithographie a ouvert le bal. La technique consiste à imprimer en plusieurs exemplaires, un dessin reproduit à l’envers sur une pierre à l’aide d’un pinceau ou d’un crayon spécial. A l’atelier Stéphane Guilbaud, j’apprends que le procédé repose sur le fait que l’eau et les matières grasses ne se mélangent pas. C’est pourquoi les couleurs ne s’étalent pas de façon anarchique lorsqu’elles passent dans la machine dite presse lithographique. Ce bloc de fonte, composé de divers rouleaux cylindriques, date de 1920. Nous assistons à la reproduction d’un tableau de fleurs. L’artiste désire en avoir 150 exemplaires. Le lithographe commence par la couleur la plus claire, le rose. Il nous explique qu’il faudra dix jours pour terminer l’œuvre. Il reste encore 14 couleurs à imprimer. Le mécanisme de la presse, semblable à celui d’une machine à vapeur, me fascine.
Je troque l’odeur de l’encre (qui me fait tourner la tête) pour celle du bois. Direction Hervé Ebéniste spécialisé dans l’ameublement sur-mesure. A l’occasion des JEMA, l’équipe propose la création d’un ouvrage collectif : un paravent décoré à partir de chutes de bois de placage. Ce dernier est le résultat de la coupe de planches de bois en lamelles très fines. Avec mon amie, nous devons faire un assemblage de deux bois différents. Notre choix se porte sur le bois de chêne et celui d’ébène. Très vite, nous nous rendons compte que le bois d’ébène est très friable. Nous avons beau avoir d’excellents professeurs, nous avons du mal à maitriser le mouvement de la scie à placage. Les doigts ne sont pas bien positionnés, les dents ne s’enfoncent pas, la lamelle résiste. Une crampe et une heure plus tard, nous avons réussi ! Pas peu fières de notre production, nous la prenons en photo et remercions chaleureusement les ébénistes qui nous ont encadrées. Après l’effort, le réconfort. Nous ne résistons pas et nous entrons dans l’Atelier C, un chocolatier. Nous y découvrons d’emblée la tablette de chocolat 100 % qui d’ailleurs, à ce stade, se nomme pâte de cacao. La dame a beau insister sur l’amertume, je ne ressens que de l’acidité. C’est vraiment étrange. Nous sommes trop habitués au chocolat avec 75 % de cacao. Notre palais n’apprécie pas. En revanche, notre odorat et nos papilles réagissent positivement à la fève de tonka. Fruit de l’arbre de teck, utilisé pour l’ameublement, la fève de tonka dégage un parfum délicat et légèrement boisé. Christophe Berthelot-Sampic, maître chocolatier s’en sert pour fabriquer des moussoirs. Normalement ce sont des ustensiles en bois destinés à faire mousser le lait. Ici, on a réinventé le concept en faisant fondre du chocolat dans des moules en forme de cubes. Une fois refroidit, quelques minutes suffisent, et démoulés, ils sont prêts à la dégustation.

Jeux de mains, règles d’artisans

Loin de moi l’idée de jouer à pierre, bois, ciseaux… le lendemain (samedi), je me rends à l’Atelier. Sobrement intitulée « Papier », l’expo-vente rend hommage à ce support dont on avait annoncé la mort suite à l’avènement du numérique. 18 créateurs nous prouvent le contraire. Le papier est devenu matériau de création : luminaires, sculptures, tissages, reliures de livres se révèlent subtiles et originaux, sous nos yeux ébahis.
Je reste dans cet univers en m’inscrivant à un atelier d’origami. Le mot vient du japonais oru  « plier » et kami « papier ». Laurie Boilleaut, graphiste en freelance, a découvert cet art il y a quelques années et grâce à des tutoriels sur internet, elle a pu l’exercer en le combinant à sa formation initiale. Elle profite de cet événement pour nous faire partager son savoir et sa bonne humeur. La journée a été longue pour elle. Les ateliers se sont enchaînés avec, en majorité, des enfants très volubiles. Elle nous montre la fleur que nous allons créer à l’aide d’un pistolet à colle. La démonstration me rappelle les expériences ratées de pliage de serviette en tissu. Heureusement, le papier prend forme plus facilement. Au bout de 20 minutes et quelques filaments de colle sur les doigts, ma fleur est finie. Cette fois-ci, je peux repartir avec ma production et j’en suis ravie. C’est gratifiant d’acquérir un savoir-faire. « Métiers d’art, gestes de demain », la manifestation portait bien son nom.
Tu seras perruquier-postiche, ébéniste, céramiste, malletier, boulanger… mon enfant ! Ce discours doit être dit et répété avec fierté. Rendons leurs qualifications à ceux dont le savoir-être n’était pas assez respectable pour la société d’hier. Et ne sous-estimons plus la transformation de soi par la matière.

Cécile Thomachot

* Chiffres de l’année 2015 de l’Institut National des Métiers d’Art
Viaduc des arts
L’Atelier d’Ateliers d’Art de France

Vous saurez que…

En ces temps d’admission post-bac, toutes mes pensées vont à ces jeunes, rêveurs, encore motivés, prêts à croquer la vie (estudiantine) à pleines dents. Rien ne sert de s’arrêter sur ce terme « débouchés » que nombreux gens de l’Élysée et experts répètent à l’envi car certaines promesses (d’avenir) ne seront pas tenues. Parfois vaut mieux attendre dans les bouchons plutôt que de finir dans une voie de garage. Soyez impertinents dans vos démarches, désobstruez la vision des soi-disant conseillers qui ne cessent de vous dire où aller, au risque de vous perdre en chemin. Désorientés voire désabusés, n’écoutez pas ce discours mal embouché qui veut faire de votre ambition qu’une bouchée. S’orienter est une chose mais trouver sa voie en est une autre… Dans tous les cas, vous avez voix au chapitre sur cette page qui se tourne.

Il n’y a plus de place pour les rêves

« Il faut agir en homme de pensée et penser en homme d’action » Henri Bergson

Malek Boukerchi est un ultra marathonien, un homme qui adore courir par n’importe quel temps, qui aime sentir tous les muscles de son corps, qui aime relever des défis. Pourquoi est-ce que je parle de lui ? Tout simplement pour la bonne raison qu’il a donné une conférence sur le dépassement de soi lors du festival du film citoyen à Paris le 23 janvier dernier. Un vrai discours du genre développement personnel saupoudré d’optimisme débordant : « Tout est possible dans la vie », « Quand il y a de l’envie et de la volonté, on trouve toujours un chemin », « Il ne faut pas abandonner ses rêves ». Il a du bagout. Ses paroles sont rythmées, percutantes, illustrées par des photos de son récent exploit, soit parcourir 142 km en Antarctique par moins 45 degrés. Il captive le public pendant plus d’une heure, et pour cause, Malek Bouckerchi est aussi un spécialiste en intelligence relationnelle et en management coopératif.
Pour ma part, une seule phrase a retenu toute mon attention. « Il y en a qui pratique la cohérence avec un H et d’autres qui s’adonnent à la co-errance avec un tiret ». Bien sûr, il estime que le premier prévaut sur le second. Mais à y réfléchir, la co-errance peut permettre aussi de trouver son chemin voire de créer son chemin.
Que nous disent l’État, les recruteurs, les conseillers Pôle Emploi, l’entourage : «  il faut être cohérent dans son parcours, se fixer un objectif et s’y tenir ». Sinon nous serons jugés inconstants, indécis. Mais que nous apprend la vie ? Qu’il faut s’adapter. On ne reste plus des années dans la même entreprise, on diversifie ses expériences professionnelles, on prend parfois le premier travail qui se présente, on se lance dans l’entrepreneuriat. A l’heure de la crise économique, identitaire, sociétale, la cohérence est un beau mot, en passe de devenir un gros mot. Malek se revendique « guetteur de rêves ». Il encourage les gens à dire et à réaliser les rêves sans quoi « nos vies en tant qu’êtres humains seraient insupportables ». Notre faculté à rêver, à se projeter nous permet d’avancer. Et qu’en est-il dès lors que celle-ci se noie sous un flot d’informations contradictoires ? A l’heure de la déshumanisation du recrutement où il n’y a plus d’interlocuteur juste une messagerie de réponses automatiques, de la catégorisation sommaire de Pôle Emploi quant aux métiers existants… Il me semble qu’il n’y a plus de place pour les rêves.

Je trouve cela déconcertant de parler à tout bout de champ du « marché de l’emploi », « des secteurs porteurs », «  des entreprises qui recrutent », tout en ne portant aucune attention à nos désirs, à ce qui nous anime profondément, à ce qui nous fait vibrer. A aucun moment, je dis bien aucun moment, les personnes censées m’accompagner dans la définition (souvent très simplifiée) de mon « projet d’avenir », ne m’ont posée ces simples questions : « Qu’aimeriez-vous faire dans la vie ? D’où venez-vous ? Où souhaitez-vous aller ? » . Cela doit être jugé très futile au regard des attentes du marché. Encore un terme éco-barbare qui vous renvoie délibérément aux finalités de nos sociétés capitalistes : soyez performants et accumulez du capital.

A qui profite ce crime ? Parce que ne pas prendre en compte les rêves des enfants comme des adultes est un acte dévastateur. Pourtant, on nous dit bien qu’un bilan de compétences est inutile si nous n’avons pas une « profonde connaissance de soi ». La confiance en soi naît de cette foi en la réalisation de nos désirs, de nos rêves. Une entrepreneure rencontrée en France et exilée à présent au Canada m’a dit un jour : « la différence de mentalité entre l’Europe et l’Amérique du Nord réside en deux mots, quand tu exposeras ton idée, l’Européen te demandera ‘Pourquoi ?’ Autrement dit, pourquoi faire ? Et l’Américain te demandera «Comment ? ». D’un côté, d’emblée on vous incite à justifier le bien fondé de votre action, de l’autre, on vous encourage à trouver tous les moyens nécessaires pour parvenir à sa réalisation. La réelle distinction entre la réussite à la française et le rêve américain demeurent peut-être dans ces deux façons de penser. La première résulte souvent d’un rationalisme pragmatique où toute action doit d’abord subir le test de compatibilité avec le système puis être validée par la société. La seconde encourage la croyance pragmatique, faire de son originalité un tout nouveau système, peu importe si la société est prête ou non à le recevoir. Beaucoup de gens qui ont réussi, célèbres ou non, dont le travail est en adéquation avec ce qu’ils sont, ont erré longtemps entre refus et désillusion avant de parvenir à leur harmonie, leur cohérence. Alors co-errons et bâtissons une société à partir de nos rêves, car il paraît qu’ils sont faits pour être réalisés !

Cécile Thomachot

EGALITE DES CHANCES : deux associations pour un même constat

On a mis les petits plats dans les grands ce jeudi 22 octobre à l’Equinoxe dans le 15ème arrondissement de Paris : sono tonitruante, vidéo rétrospective, petits fours, ambiance lounge. « 10 ans, ça se fête », aimera t-on répéter tout au long de la soirée. 10 ans que l’association Nos Quartiers ont des Talents (NQT) œuvre pour l’égalité des chances. 10 ans que le projecteur est dirigé vers la discrimination des jeunes dits de quartiers défavorisés, qui à défaut d’avoir minimum Bac +3, ont le malheur d’avoir un visage trop typé et/ou un nom à consonance étrangère, souvent africaine, pour ne pas le dire. A coup d’autocongratulation, personnalités politiques, chefs d’entreprises, jeunes accompagnés reçoivent des trophées estampillés NQT. Sans oublier la pose devant les photographes et la bise à Yazid Chir et Raynald Rimbault, les co-fondateurs de ce projet devenu grand. 1500 invités étaient attendus pour l’événement. La salle n’est pas comble mais presque. De jeunes diplômés dont l’optimisme n’est pas franchement palpable. En cause ? On leur a dit de faire des études. Ils ont en fait. De Bac +3 à Bac +8. Ils ont rendu fiers leurs parents. Ils ont montré l’exemple à leurs cadets. Mais voilà, ils s’appellent Mouhammad, Khadija, Moustapha, Nassera. Leur prénom fait tache. Une tache qui couvre tout sur leur curriculum vitae, arrêtant instantanément toute lecture, masquant leurs multiples compétences et dissimulant tout leur potentiel.

Des paroles et des engagements

L’association est née suite aux émeutes de banlieues de 2005. « Ayez une entreprise aux couleurs de la France » est toujours le leitmotiv de cette initiative qui vise à accompagner les jeunes hauts diplômés de banlieues dans leur recherche d’emploi à la hauteur de leurs compétences par le biais de parrainage de grands groupes. Orange, Disneyland, Carrefour, Société Générale, Google France, SNCF, font partie des 700 partenaires de l’opération. Tous fiers d’avoir signé la charte de la diversité. Ce fameux texte écrit en 2004 qui est censé inciter les entreprises à garantir la promotion et le respect de la diversité dans leurs effectifs. La société est arrivée à un tel point qu’elle a besoin désormais de décoloniser les imaginaires par la rédaction et la signature de textes. Mais l’impression papier ne signifie pas que les mots se sont réellement inscrits dans les mentalités. Les traités n’empêchent pas la guerre. On reproche trop souvent à la jeunesse de ne répondre que par la violence mais aucune arme même intellectuelle n’est assez forte pour lutter contre la violence symbolique. N’est-ce pas paradoxal d’être obligé de dire aux entreprises qui s’installent dans les banlieues qu’elle doivent embaucher de la main d’œuvre locale, de leur suggérer de regarder juste en bas de leur immeuble, de leur ouvrir les yeux sur cette France plurielle et métissée, de les forcer à tendre la main à ces jeunes bardés de diplômes prêts à en découdre avec le marché du travail mais enfermés malgré eux dans une catégorisation sociale qui leur colle à la peau et au CV : habite dans le 93, est français d’origine…, a fait de grandes études universitaires mais n’est pas issu de grandes écoles.

Un beau gâchis

A la crise sociale s’est ajoutée la crise économique. Et l’inclusion sociale semble se heurter à un mur de plus en plus épais appelé : hypocrisie.« J’ai tout de suite dit oui à cette initiative intelligente, utile et collective avec des valeurs qui nous sont chères » témoigne Laurence Parisot, ancienne présidente du Mouvement des entreprises de France (Medef), lors de cette soirée d’anniversaire. « Je ferai tout pour remédier aux petits blocages politiques et administratifs  car je souhaite que ce projet continue de s’épanouir», s’enthousiasme Myriam Al Khomri, la nouvelle ministre du travail, de l’emploi, de la formation professionnelle et du dialogue social.

Ne vous méprenez pas, NQT tout comme son aînée l’Association pour Favoriser l’Intégration Professionnelle (AFIP) fondée en 2002 ont le mérite d’exister pour pallier le déficit gouvernemental et sociétal mais leur prolongation dans le temps et leur expansion n’est pas de bonne augure. En 2012, l’AFIP fêtait également ses 10 ans. « J’ai fait la promesse à mon fils de 11 ans que lorsqu’il aurait 20 ans, la société aura changé et l’appréciera pour son potentiel. Rien ne pourra l’empêcher de concrétiser ses rêves et surtout pas ses origines. A ce moment là, L’AFIP n’aura plus de raison d’être mais pour tout vous dire, nous en sommes encore loin » disait à ce moment-là Carole Da Silva, présidente de l’association.

70 % des jeunes accompagnés par ces deux associations trouvent un emploi à la hauteur de leurs qualifications. Des résultats constants mais qui ne doit pas faire oublier la hausse considérable des candidats à ces programmes d’accompagnement personnalisé et gratuit.

Raynald Rimbault parle de « ces jeunes méritants » avec emphase. Or, la France n’est pas un société du mérite. C’est un fait incontestable. Tout le monde le sait, l’intégration dans notre société moderne passe principalement par l’emploi. Sans travail et sans bonne raison (médicale), tu es considéré comme un parasite. Alors comment trouver sa place dans une société qui n’arrive pas à faire tomber les barrières des préjugés…

Combien de fois, n’a t-on pas entendu : c’est mieux que rien, non ? Cette phrase est humiliante et vous ne savez pas à quel point elle résonne dans l’inconscient. C’est une incitation à revoir ses ambitions à la baisse. Elle laisse un goût très amer, à nous, citoyens français, à qui l’on a martelé les valeurs de la République. On nous rappelle constamment nos devoirs tout en bafouant nos droits. A l’embrasement de 2005 a succédé une mobilisation intellectuelle. Depuis toujours, nos revendications sont simples : ne pas être dénigré, sous-évalué, regardé de haut en bas, ne pas se demander à chaque réponse négative : « Est-ce que j’ai fait tout ça pour rien ? ».

J’ai Bac +5, je ne viens pas de quartier défavorisé mais comme je suis noire, il est fort probable que je sois jugée sur mes origines plutôt que sur mes compétences. Cette réalité (républicaine) fait plus que mal, elle meurtrit.

Cécile Thomachot

AFIP 

NQT 

Charte de la diversité