Signifier que les prix des légumes au marché ou ailleurs sont trop élevés, c’est complètement démodé. Avec un air outré, la bouche en cul de poule, lancez un « Eh ben, ils se touchent avec les prix là! ». Ou comment le sexe envahit tout notre univers même notre panier de course.
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Vous saurez que…
Il ne faut plus dire « efficace ton programme pour perdre du poids » mais « comme tu as décollé! ». L’allusion à la soudaine légèreté retrouvée est subtile, non?
Apparence et alchimie
L’amitié, l’amour, quels en sont les tenants et les aboutissants, tel serait le leitmotiv de la réalisatrice française Céline Sciamma. Avec la rediffusion de Tomboy (garçon manqué) en février dernier sur Arte, regardé par 1,25 millions de téléspectateurs, elle nous laisse une fois de plus avec moult questionnements. De quoi tombe t-on amoureux chez une personne ? Comment naît le sentiment d’attachement ? Pourquoi cette personne en particulier ?
Le scénario : période estivale, Laure, une fille de 10 ans vient d’emménager avec ses parents et sa petite sœur Jeanne dans une nouvelle ville. Dans l’immeuble, les garçons sont en majorité et forment une bande. Pour intégrer celle-ci, elle décide de leur ressembler. Pour les enfants du coin, elle s’appelle « Mickaël ». Pendant les activités football et baignade, Lisa, la seule fille de la bande est attirée par elle/lui sans se douter de la supercherie. Les deux enfants se rapprochent, se fréquentent souvent, traînent ensemble et finissent par s’embrasser.
La duperie est découverte suite à une bagarre. La mère de Laure/Mickael l’oblige à s’excuser auprès de l’autre garçon, en lui faisant porter une robe. Les enfants de l’immeuble abasourdis, veulent humilier la « traîtresse » et demandent à Lisa d’examiner publiquement le sexe de Laure/Mickael pour vérifier.
T’as bon goût, tu sais !
Le but de Céline Sciamma : « montrer le libre-arbitre des enfants, la capacité à s’inventer une identité, la possibilité de s’affirmer au monde et à soi-même ». Le message le plus fort étant sans doute qu’on ne peut pas se mentir à soi-même. L’instinct est roi en matière de désir. Quid de notre cerveau, premier organe sexuel, (paraît-il) qui sous l’action des hormones, ferait la part belle au rationnel et favoriserait nos pulsions*?
Expressivité du visage, odeur corporelle, timbre de la voix, texture de la peau, goût de l’autre. Nos cinq sens sont tout à coup en éveil. Le sixième interprèterait cette sensation pour nous faire re-sentir concrètement l’exaltation de notre corps/cœur.
Finalement, l’amour n’est peut-être pas l’apanage des poètes. La science tente depuis bien longtemps d’y mettre son IRM…euh son grain de sel. Certains scientifiques supposent que déjà l’homme de Cro-Magnon aurait connu cette expérience sensorielle et psychique extrêmement sensible, étrange, perturbante.
D’autres émettent l’hypothèse du toucher comme facteur déclencheur de l’attachement.
Au contact de l’autre, un sentiment de bien-être et de confiance nous envahirait.
Loin de là l’idée de réduire cette sensation à une pure attraction physique – une apparence plaisante associée à notre imagination débordante quant à la personnalité qui l’habite – mais nos sens sont quand même responsables du choix de nos partenaires potentiels. Avec un jugement porté en l’espace de 1000 millisecondes, autant dire instantanément, nous savons qu’il y a possibilité de relation.
Les comédies romantiques nous ont toujours induits en erreur avec leur « suivre les signes ».
Pour une alchimie quasi parfaite, il faut plutôt prêter attention aux signaux corporels. Ceux qui tentent de traduire une sensation, une altération de notre être.
Après tout, la confusion finit souvent par devenir une évidence. Parce que c’était lui/elle, parce que c’était moi, n’est-ce pas Montaigne ?!
Réflexion faite… Le sentiment amoureux est du genre très troublant.
Cécile Thomachot
*Les Dernières nouvelles du sexe. Émission en trois volets diffusés sur Arte en avril 2014.
Et sinon, l’égalité, c’est pour quand?
Et sinon, l’égalité, c’est pour quand?
Ça serait merveilleux que les magazines féminins se renouvellent un peu en termes de sujets ante-période estivale qui, il faut bien le dire, manquent totalement d’originalité. Marre de ces perpétuelles unes « régime » avec des femmes en maillot de bain taille 34, révoltez-vous!
Et pendant ce temps- là, les hommes apprennent les diverses astuces pour :
-bien cuire une côte de bœuf ( à l’instar de « Beef!« , nouveau magazine culinaire pour les hommes dont le premier numéro est sorti en mars dernier)
-préparer un apéro dînatoire
-rentrer son ventre même avachi dans le canapé
Ben oui, dure la vie! De mars à juillet : il faut se farcir le Festival de Cannes, Roland Garros, La Coupe du monde de foot (ça va, tous les quatre ans, c’est gérable) et le Tour de France…longue période d’inactivité physique (et cérébrale).
Et pourtant, il ne viendrait pas à l’esprit des magazines masculins de dire à ses abonnés de perdre le gras qu’ils ont accumulé pendant le doux hiver olympique, ni même de faire une liste des best-sellers à emporter sur la plage. Après on s’étonne que les femmes aient des complexes.
Ah bon?!
Cécile Thomachot
Dis Maman, c’est quoi un marronnier?
Dis Maman, c’est quoi un marronnier?
Un marronnier n’est pas seulement un magnifique arbre qui fleurit tous les ans à l’aube du printemps, c’est aussi un thème exploité par les journaux qui revient toujours à la même époque. Ça permet de meubler dans un période creuse (à ne pas confondre avec le merisier, un arbre fruitier et bois d’ameublement, hein mon petit!).
La preuve par l’exemple, mi-mars, déferlante de sujets plus ou moins étudiés sur les ….atchouuum…allergies. Comme nous vivons sur une planète où les graminées se reproduisent apparemment plus vite que le bon sens, on y a le droit chaque année.
Pour ceux qui n’auraient pas eu le temps d’inhaler un peu d’herbes médiatiques, rétrospective très sommaire.
Tout a commencé le 1er avril, (oui oui quel humour France 5) avec Enquête de santé: Allergies, l’épidémie silencieuse. Reportage d’Isabelle Quintard suivi d’un débat animé par Marina Carrère d’Encausse et Michel Cymes. En résumé : la politique environnementale de notre pays n’est pas rentable — d’où la plantation d’arbres allergènes — et va finir par nous tuer. On continue avec le Science et Avenir, spécial Allergies: les nouveaux traitements, paru en mai. Le dossier très alarmiste ne nous apprend rien de neuf. Plus loin dans le mois, le 27 mai Arte nous propose, Tous allergiques? , reportage de Patrizia Marani, réalisé à la première personne. On y suggère que la nourriture devrait être notre médecine, le vilain histamine responsable de tous les maux futurs de la société se trouvant dans la muqueuse intestinale.
« One apple a day keep the doctor away ». Encore faut-il que cette foutue pomme ne soit pas pleine de pesticides!
Cécile Thomachot